Mardi 3 août 2010 2 03 /08 /Août /2010 18:02

 

Déjà un mois que la petite famille a repris ses quartiers bamakois… Maintenant que Mademoiselle semble habituée à son nouvel environnement, il est temps d’aller faire un tour au bord de l’océan !

 

Nous voilà donc entassés tous les 3 dans le taxi qui mène à l’aéroport, le coffre aux 3/4 rempli des affaires de la miss (qui change de tenue 3 fois par jour vue sa propension aux crachouillis intempestifs et autres débordements dont je vous passerait les détails…), coincés dans les embouteillages de Bamako qui n’ont rien à envier à ceux de l’A6 un soir de départ en vacances quand il pleut… Sauf qu’il fait 40°C dans le taxi, que les vitres ouvertes nous apportent les effluves persistantes des pots d’échappements malodorants des sotrama (minibus collectifs) d’avant guerre, et que nous sommes assaillis tous les 10 mètres de vendeurs ambulants brandissant des objets tous plus indispensables les uns que les autres : Carte du monde, tapis de prière avec boussole intégrée, calculatrice géante, Mixer, Mouchoirs en papier, Serviettes éponge, moumouth pour volant ou plage arrière, jeans d’occasion, dessous de table en forme de continent african… Difficile de résister à la fièvre acheteuse !!

 

Nous avons même droit à un nettoyage du pare-brise du taxi, mais uniquement devant la place du mort, dans l’espoir de recevoir quelques francs des passagers du taxi !!

Bref, après une longue attente, nous arrivons enfin à l’aéroport où le panneau d’affichage n’annonce toujours pas notre vol (qui part dans une heure), mais comme tout le monde semble enregistrer pour dakar, nous suivons le mouvement…

Petite pause au bar de l’aéroport, pour une saynète digne de Ionesco:

« - Bonjour, est-ce que vous avez des sandwichs ?

-Oui, je peux vous donner le menu ?

-Oui, volontiers. Vous avez tout ce qui est sur ce menu ?

-Oui

-Vous avez aussi des pizzas ?

-Oui

-et des crêpes ?

-Oui.

-Bon, alors je vais prendre une pizza et une crêpe

-Bon, pour le moment ce n’est pas possible, il y a coupure de courant.

-Ah bon ? alors 2 sandwichs

-non, ce n’est pas possible non plus avec la coupure 

- ???»

Nous faisons patienter nos estomacs devant le match de la coupe du monde que retransmet la télé flambant neuve de la salle d’attente (en noir et blanc…), et bien que le vol ne soit toujours pas indiqué nous finissons par embarquer.

Quel bonheur de sortir de l’avion pour respirer l’air frais et iodé de Dakar ! Et quel bonheur de griller la queue grâce à Zoé, de se faire accueillir par Lucie au volant de son 4*4 de choc et d’arriver pile poil pour l’apéro, dans sa maison à deux pas des flots bleus… Les vacances s’annoncent bien !!

Bon, évidemment, il faut se mettre au rythme local (qui change du coucher 10h, lever 7h de notre nouvelle vie de parents)… là nous sommes plutôt sur une moyenne de coucher à 2h, lever 11h-14h… Dur dur de gérer Zoé dans ces conditions, mais ces horaires nous permettent quand même de faire un tour à la plage dimanche après midi…

 

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Ah, l’eau fraîche (10 degrés de plus que l’océan sur la côte basque mais 10 d° de moins que notre piscine à bamako), les rouleaux, l’ambiance de la plage…

Puis le petit tour au marché aux poissons où nous avons bien du mal à sauver Zoé des mains prédatrices des vendeuses, qui ne souhaitent qu’une chose : qu’on la leur laisse !!

Nous réussissons heureusement à repartir avec enfant et poissons et gambas… Nous voilà fin prêt pour le Barbec…Dur dur les vacances…

 

[petit apparté : Non, Lucie ne m’a pas payée pour que je fasse la promo de son hospitalité, mais si j’étais le michelin je dirai « vaut le voyage »].

 

 

D’autant que nous avons pu profiter d’un petit concert privé organisé par Sébastien, qui a invité un célèbre joueur de Kora (une sorte de harpe africaine) à venir jouer chez eux…

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Ambiance recueillie pendant les 2 heures où Ablaye Sissoko, griot de son état, nous fait partager sa passion pour les Koras :

Règle N°1 : Les koras ont une âme, et elles se laissent mourir si on n’en joue pas

Règle N°2 : la Kora est égoïste, elle ne supporte pas le partage… Les conjoints n’ont qu’à bien se tenir !

Règle N°3 : pour tirer le meilleur d’une Kora, il faut l’avoir dotée de son grigri (bien caché à l’intérieur de la caisse de résonnance)

Règle N°4 : En plus du bois, de la peau de mouton (ou de léopard), des nerfs de bœufs (ou leurs copines plus modernes les cordes à linge), et des clous, il faut un Maître es-kora pour l’accorder une première fois (« la stabiliser »), sans quoi votre kora ne jouera jamais juste et vous passerez votre vie à tenter de l’accorder

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Règle N°5 : la kora se déguste mieux en petit comité, dans un silence recueilli.

Et c’est ce que nous avons fait, c’était un vrai bonheur de partager ce moment… Alors fans de kora ou pas, allez-y foncez voir ou écouter Ablaye Cissoko !

 

Après cela, nos vacances ont paru bien routinières : quelques jours sur la petite côté du Sénégal, dans un hôtel les pieds dans l’eau où,

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hors saison, nous avons eu droit à la compagnie pittoresque du gérant à chacun de nos repas et de nos sorties hors de la chambre ;-) Il faut dire que Jean-Paul est un sacré loustic, soixanthuitard bien tapé, ayant roulé sa bosse un peu partout dans le monde et connaissant ce coin de Sénégal depuis plus de 30 ans… Visionnaire, il a recyclé sa ferme bio en résidence pour retraités européens en mal de soleil et d’amours faciles… Ca rapporte mieux ! (surtout quand on ne paie pas d’impôts…)

Avis aux célibataires endurcis, il en est au 10ème mariage célébré entre une employée et un client !

Enfin un petit passage à Gorée, l’île où étaient parqués les esclaves avant d’être vendus à des marchands en partance pour les Amériques… et toujours la même question dans ce genre de situation : comment pouvait-on vivre - sans se poser de questions -  à l’étage supérieur de maisons où 150 esclaves s’entassaient au RDC ???

 Aujourd’hui Gorée n’abrite plus d’esclaves mais les restes de son passé constituent son principal attrait : des maisons colorées au bord de la mer, des rues pavées, un charme tout provincial, et des centaines d’artistes de tout poil cherchant à profiter de la manne touristique en font un lieu chatoyant et agréable.

La semaine touche déjà à sa fin, il nous faut quitter Dakar, ville blanche, iodée, moderne, festive, à l’ambiance estivale, pour retrouver Bamako, ville rouge et verte, poussiéreuse, chaude et sèche, traditionnelle jusque dans les tenues de ses habitants, leurs loisirs, leur organisation sociale…pour ce qu’on en voit !

Fin des vacances...

Par alice&christophe - Publié dans : voyages
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Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /Jan /2010 19:48
Première escapade vraiment loin de Bamako à l’occasion des fêtes de fin d’année. Nous voilà donc partis en direction de Kayes, ville la plus chaude du pays (et d‘Afrique à en croire la météo !!!), célèbre terre d’émigration, située aux confins du Mali et à la frontière du Sénégal et de la Mauritanie, à 7h de route de Bamako mais seulement 1h d’avion. Embarquement immédiat à bord de notre appareil dernier cri de la compagnie Air Mali : 17 places, vue intégrale sur le cockpit et les pilotes, impossible de parler sans crier à cause du bruit des moteurs, mais coca et sandwiches offerts à bord, et les hôtesses sont d’un chic!!! Jugez par vous-même :
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(les plus observateurs d’entre vous ne manqueront pas de reconnaître notre Routmout préféré, pas crispé pour un sou pour son premier vol en professionnel!! Nous avons joué les cobayes!!!)

Fraîchement débarqués, la chaleur nous assomme sur la piste d’atterrissage, et nous n’avons plus qu’une idée en tête : rejoindre notre chambre d’hôtel climatisée au plus vite!!
Nous avons donc adopté un rythme plutôt matinal (pour ne pas dire un rythme de basse cour) pendant ces vacances: lever à l’aube, à l’heure où la fraîcheur de la nuit fait regretter le pull que nous avons laissé à Bamako, excursions au point du jour, puis pause de 11h à 15h, et retour au frais de la clim à 18h, just in time pour assister aux infos de la télévision suisse romande et se rafraîchir à regarder la neige qui tombe en France… Vraiment romantique!!!

Au programme, de nombreuses balades en pirogue pour admirer les bords du fleuve Sénégal…

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… propices au maraîchage:
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Balade autour des chutes de Felou:
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Elles alimentent depuis 1928 la ville de Kayes en électricité, grâce à un barrage et à une centrale hydro-électrique qui vivent leurs derniers mois car les présidents sénégalais, mauritanien, et malien viennent de poser en grande pompe la première pierre de la prochaine centrale. Ci-dessous la tribune (non-démontable…) qui a servi au discours d’inauguration… discret, non??
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Ballade aussi sur le lac Magui pour admirer les nombreux oiseaux qui y nichent,
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visiter l'usine locale de briques,
DSC 0443observer les techniques des pêcheurs pour lancer leurs filets,
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ou encore se faire charger par un troupeau de buffles!
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Côté culture, nous avons tout appris sur le fort de Médine, petite ville qui fût brièvement capitale du Soudan français pour sa position stratégique sur le fleuve …
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… et qui a accueilli la première école française d’Afrique occidentale. Pour la petite histoire, les premiers à être envoyés à l’école ont été les fils d’esclaves et non les fils de notables comme prévu, les notables ayant trop peur d’y mettre leurs enfants… Les choses ont changé aux générations suivantes, quand les notables se sont rendu compte que les postes administratifs étaient donnés à ceux qui avaient « fait les bancs » (comme on dit ici)… Ironie de l’histoire!!
Aujourd’hui, cette école qui a accueilli de nombreux hommes célèbres dont Amadou Hampâté Bâ semble plutôt désolée… elle a été transformée en hôtel de ville :

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Et pour couronner cette semaine de vacances, quelques explorations urbaines dans la ville de Kayes, chaude, poussiéreuse, provinciale, mais marquée par les vestiges de l’histoire :
Le chemin de fer, qui  y passe depuis la fin du XIXème siècle (il aurait même servi à mettre l’or de la banque de France en sûreté à Médine pendant  la seconde guerre mondiale!)
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Les vieux bâtiments de l’hôtel de la gare et du marché, en pierre de taille, et aux toits de tuiles importées de Bordeaux (quand ils sont encore debout)
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Et enfin la mascotte de la ville, créée à l’occasion d’un festival et pour le moins originale, :
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Nous avions prévu d’autres visites qui n’ont pas pu avoir lieu, à l’instar des mines d’or de Sadiola (exploitée par les sud-africains) où malgré l’introduction du maire de la ville, nous avons été refoulés à l’entrée (« pas de baskets »…).. Il faudra revenir, donc, d’autant que nous avons maintenant quelques amis dans la ville (grâce à qui nous avons fait une entorse au rythme « pénet pépouz » du coucher à 21h pour tenir jusqu’aux 12 coups de minuit le 31, célébrés au Mali avec force pétards et feux d’artifices désordonnés!!!)

Malgré ces festivités, vous nous avez quand même bien manqués pour ces fêtes, car on n’a pas encore trouvé mieux en famille et amis au Mali!! Alors Bonne année à tous, et prenez soin de vous!!

Par alice&christophe - Publié dans : voyages
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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /Déc /2009 15:05
Un événement haut en couleurs qui donne une tonalité particulière à la capitale pendant près d’un mois (7 novembre au 7 décembre 2009). Des amateurs et moins amateurs, tous passionnés de photographie se retrouvent tantôt dans les expositions, tantôt dans les vernissages ou autres événements ponctuant la semaine professionnelle… Au cours des trois dernières semaines, les photos restent mais les regards sont ailleurs (à part celui d’Alice!!!). Et le festival passe semble-t-il inaperçu auprès de la plupart des bamakois.

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Nous n’avons pas tout vu, mais assez pour découvrir des photographes talentueux. Ils sont venus des quatre coins du continent, avec une préférence marquée pour la Tunisie, l'Algérie, l'Afrique du Sud, Le Nigeria ou encore la république démocratique du Congo.

Bien évidemment, le thème abordé était celui des frontières et en particulier des migrations…sujet au cœur de l’actualité et qui évoque les noms de Ceuta et Melilla, Lampedusa, ou encore le Kivu pour les réfugiés d’Afrique centrale.

Heureusement, le sujet a été travaillé de plein d’autres manières.

Mention spéciale pour cet algérien (Bruno Boudjelal) qui a traversé l'Afrique de Tanger au Cap ... un voyage au long cours puisque des quelques mois initialement prévus, il s'est prolongé sur ... 6 années (!!), riches de rencontres et de péripéties. Le travail exposé témoigne de l'atmosphère particulière de ce voyage et de ses expériences, le flou des clichés faisant écho au flou des frontières africaines et au flou des horaires de route...Petit aperçu, à déguster au son des haïtian troubadours :
DSC_0070.JPG(http://www.photo.fr/blog/625-8e-Rencontres-de-Bamako-BOUDJELAL-Bruno.html)

Miss D’vine de Zanele Muholi  (prix Casa Africa)
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Matola, exposition Mozambique


Enfin, une autre découverte qui ne faisait pas partie du festival, celle du nigerian Uche James Iroha. Son travail Fire Flesh and Blood sur les abattoirs de Lagos :DSC 0540


Par alice&christophe - Publié dans : Culture
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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /Déc /2009 20:04
Découverte d’Habib Koité musicien du cru.
Le cadre était sympa, même si on ne dira pas que c’était au centre culturel américain: grande pelouse, terrain de volley, piscine, tennis, et même salle de gym pour muscler les amateurs de coca-cola. L'entrée est sélect - barrage de flics à l'entrée, ID card obligatoire, tarif prohibitif pour les bamakois, mais la file de 4*4 pourtant interminable! A notre arrivée, les enfants criaient « Vive Barack Obama » !!! On leur a fait comprendre que nous avions un président d’une autre trempe.

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Bref, au détour d’un passage chez votre disquaire, n’hésitez pas à écouter quelques morceaux de cet artiste autant influencé par les griots (sa mère chantait dans les mariages) que par les musiques du monde. En live, c’est plutôt entraînant et dansant…Ses musiciens nous ont dévoilé tout leur talent, surtout le percussionniste, impressionnant de virtuosité !!!

Le joueur de balafon et le batteur toujours impassibles…

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Le bassiste au milieu et le joueur de tambour à aisselle (N’tama) sur la droite ; Le guitariste chasseur toujours rieurDSC 0190















On a eu droit à de belles démos de danse africaine, notamment quelques pas esquissés par Maryline, qui pourrait bientôt être embauchée comme danseuse professionnelle!! On pensera à vous poster un ptit film de ses prestations dans un prochain article, si nous obtenons l'autorisation de la belle;-)
Par alice&christophe - Publié dans : Culture
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /Nov /2009 15:09

Ames sensibles, s'abstenir... Ce WE s'est déroulé la fête de la Tabaski, dénommée ici seliba (la grande fête), puisqu'en souvenir du sacrifice d'Abraham, chaque chef de famille doit égorger un mouton et en régaler sa famille. Encore dénommée Aïd el Kébir, c'est la plus grande fête musulmane de l'année (pour l'aïd el fitr, la fin du ramadan, seul un sacrifice de poulet est recommandé).

C'est vous dire si la ville paraît désormais bien calme ce lundi, tous les moutons achetés parfois depuis des mois (avant que les prix ne montent...), et qui, attendant le jour J, profitaient paisiblement de l'ombre des rues bamakoises, attachés devant la "concession"  de leur propriétaire (c'est le nom des maisons où vivent plusieurs familles), ayant subitement connu la même fin tragique.

Avant le jour J, les préparatifs vont bon train: achat de tissus pour confectionner les nouveaux boubous (un pour chaque membre de la famille!), essayage chez le tailleur, achat des vivres et des boissons pour la fête...
Les taxis sont pris d'assaut pour l'occasion et il n'est pas rare d'entendre un timide bêlement venant du coffre, alors que vous êtes tranquillement assis sur le siège arrière, coincé au milieu d'embouteillages monstres.
Bonnes affaires garanties !!! Tout le monde cherchant l'argent pour la fête, c'est le moment de négocier sec, chacun étant prêt à solder sa marchandise pour payer ses achats du jour J!
Ceux qui n'ont pas les moyens d'acheter un nouveau boubou pour l'occasion peuvent paraît-il recourir à une feinte : teindre ceux de la dernière fête!! Ainsi les boubous blancs deviennent-ils bleus clairs l'année suivante, puis verts, puis marrons, puis noirs 4 ans après... L'art et la manière d'accomoder les restes!!!
De même, il existe une véritable hiérarchie des animaux à égorger pour célébrer le sacrifice. Le mouton mâle est à privélégier, mais ceux qui ne peuvent s'en offrir un  peuvent se rabattre sur (par ordre décroissant de préférence) : un mouton castré, une brebis, un bouc, un bouc castré, une chèvre (la femelle valant toujours moins qu'un castrat,ndlr...). Si vraiment  l'argent manque, plusieurs familles peuvent se cotiser pour acheter un boeuf ou même un dromadaire, qui donnera plus de viande. Enfin, c'est jour de fête même pour les pauvres car la viande doit être consommée entièrement. Elle est donc offerte aux nécessiteux et partagée avec les pauvres du quartier. (Mais on partage aussi avec les riches puisque nous avons eu notre part de mouton fraîchement égorgé en gage de bon voisinage...).

Puis arrive le grand jour...Encore endormi, vous percevez déjà la différence avec un samedi classique: c'est LE jour de gloire du muezzin, alors il en profite!!! Du tréfonds de vos rêves d'abord, jusqu'à ce que vous soyez pleinement réveillé, puis agacé, puis boulequiessé, vous parvient la mélopée lancinante et... osons le dire... répétitive pour les oreilles non arabophones, du muezzin qui célèbre la naissance de ce jour de fête.
Sapés, coiffés, parfumés, les membres de la famille se rendent alors à la moquée pour la prière. Au retour, les hommes se retrouvent dans la rue pour égorger le mouton, puis le dépecer, avant d'en donner les morceaux aux femmes qui vont le cuisiner pour la fête.
Les hommes et les bêtes tirent la langue dans l'effort :

Les morceaux sont répartis en plusieurs "paquets", un par contributeur si plusieurs familles se sont cotisées pour acheter le mouton:

Quand tout est prêt, tout le monde se re-sape et c'est parti pour la ripaille et les salutations rituelles.
Je vous épargne le détail des salutations "spécial tabaski" (qui a fait l'objet d'un cours entier d'une heure et demie alors que nous avions déjà passé  2 cours d'une heure et demie sur les salutations généralistes....), mais en gros : on se souhaite de la chance et du bonheur pour toute l'année et on s'excuse des torts qu'on a pu causer à l'autre de manière voulue ou non voulue...

Malheureusement, nous n'avons pas pu honorer l'invitation du voisin de maryline (en boubou blanc;-)), ayant passé le WE au vert, dans un campement ma foi fort agréable au sud de bamako. Ca tombait pas mal car nos rangs avaient été décimés par un virus intestinal sévère qui aurait pu mal s'accomoder d'une orgie de mouton grillée... Ce n'est que partie remise, j'espère que l'année prochaine  nous pourrons nous-même tuer le mouton et inviter nos voisins!!

La vue depuis les hauteurs du campement, à la tombée du soir, avec le fleuve Niger visible dans le lointain:

Activités farniente variées : piscine, terrasse,...

...balancelle,


et même badmington avec un arbitre de chic et de choc!










Admirez la gestuelle!!
Par alice&christophe - Publié dans : Us et Coutumes
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